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Une course sur mesure pour des collégiens

Le 6 novembre dernier, 29 skippers s’élançaient des Sables d’Olonne pour la 8ème édition du Vendée Globe. Seulement 29 ? Oui, 29 skippers en vrai ! Mais 450 000 bateaux virtuels partaient avec eux, dont 1668 pilotés par des classes, de tous niveaux !

4 CLASSES ENGAGÉES

Dans mon collège, quatre classes de 3e  participent activement à la course. Virtuellement. Et ce, grâce à l’initiative d’une collègue de mathématique, Marie-Annick : « Bien sûr, mes attaches en Vendée pourraient expliquer mon envie de lancer ce projet. Mais pas seulement ! J’ai connu un collègue qui avait mené  ce type d’expérience il y a dix ans avec une de ses classes : il était tellement enthousiaste que  j’avais gardé cette idée dans un coin de ma tête. Et puis, cette année, réforme oblige, je me suis dit « Pourquoi ne pas travailler autrement et en profiter pour relever ce challenge ? »

Elle a donc « embarqué » dans son projet une autre collègue de mathématique, Aurélie, très motivée, et a même réussi à faire embarquer sur un bateau (virtuel) une équipe d’enseignants intéressés par de cette drôle de course ! Ainsi 4 classes de 3e concourent et quelques élèves de 5e , à titre individuel. Plus le bateau des enseignants, ce qui donne tout le sel de la course !

LES OBJECTIFS DE CE VENDÉE GLOBE VIRTUEL

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Ce projet offre l’avantage pour les collègues de math de travailler leur programme et les compétences qui en découlent : repérage sur le globe, suivi du tracé, programmation informatique. Il sera sans doute élargi l’an prochain à d’autres disciplines comme la technologie pour les moyens de communication, la géographie pour les climats, les reliefs marins et les sciences de la vie et de la terre, pour la faune et la flore sous-marines. « Nous avons voulu, cette année, expérimenter cette course virtuelle dans notre seule matière  et nous naviguons à vue, sans jeu de mots. L’an prochain, si le bilan est positif, nous avons dans l’idée d’entraîner dans notre sillage d’autres collègues pour construire un projet interdisciplinaire, un EPI pour dire son nom. Nous voulions voir ce que ça donnait avant de le proposer à d’autres.”

COMMENT CELA SE PASSE-T-IL ?nous

Chaque classe de 3e  après son inscription sur Virtual Regatta est donc embarquée sur son bateau ; des quarts sont organisés : ainsi, deux élèves par moitié de semaine surveillent la trajectoire  du bateau de leur classe  : en fonction des bulletins météo, des informations, du choix des voiles (les mêmes que celles dont disposent les  « vrais » skippers) et du pack d’options dont ils bénéficient au titre de scolaires et qui leur évite par exemple de franchir la ligne des glaces ou leur permet de faire passer le bateau par des points définis, ils peuvent modifier cette trajectoire : contrairement à la « vraie » course,  le bateau suit la trajectoire calculée, sans surveillance permanente,  sans subir les avaries, les « gros coups de grain », le manque de sommeil, la fatigue des navigateurs…

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Chaque jour, chaque classe constate la progression de son bateau et rivalise non seulement avec les bateaux des autres classes mais aussi avec le bateau des enseignants, qui pour l’instant, se classe dans les 10 000 premiers virtuels, l’équivalent du 6e skipper réel, Yann Eliès ! Une saine compétition donc qui stimule tous les collégiens engagés !

UN SKIPPER PRÉFÉRÉ

Parallèlement, chaque élève a choisi un skipper parmi les 29 concurrents ! Chaque jour, chacun note les coordonnées de son navigateur et reproduit sa position sur papier et sur ordinateur. Dans une classe, les élèves ont même organisé un concours : l’élève dont le skipper qu’il soutient a dû abandonner la course paie sa tournée … de chouquettes à la classe !

Enfin, dans chaque classe, une revue de presse est organisée : tous les articles au sujet de la course, découverts dans des journaux, sont à coller dans un classeur. « Cela ne marche pas très bien pour l’instant… Nous devrons réfléchir à la façon dont nos élèves pourraient adhérer à cette revue de presse», rapportent les deux enseignantes.

UN ENGAGEMENT CITOYEN

En engageant aussi sa classe de 5e dont elle est professeure principale, Marie-Annick sensibilise ses élèves à la solidarité. Ses élèves en effet ont suivi jusqu’à son retour aux Sables d’Olonne le skipper Tanguy de Lamotte qui défendait les couleurs d’une association Mécénat chirurgie cardiaque : en “likant” la  page Facebook du site Initatives  Coeur, chacun peut donner 2 euros pour opérer des enfants atteints de maladies cardiaques. Ce navigateur au grand cœur avait comme objectif, avec Initiatives cœur, de sauver 30 enfants. Malgré son abandon, la solidarité a continué à jouer… Aujourd’hui,  ce sont 39 enfants qui pourront bénéficier de soins.

IL ÉTAIT UN FOIE

Elle a eu donc l’idée, à travers la course solidaire de Tanguy, d’engager ses élèves à soutenir une association peu connue  Il était un foie , association qui se bat pour informer et faire un travail de prévention d’une maladie rare, l’atrésie des voies biliaires, dont je vous reparlerai la semaine prochaine. L’abandon forcé de Tanguy a chamboulé les élèves mais ils ont vite rebondi, en choisissant un autre skipper Yann Eliès qui défend l’association Leucémie Espoir.

En même temps qu’elle a fait suivre par ses élèves la course de Tanguy de Lamotte,  elle pose chaque semaine une question à sa classe à la suite des propres interrogations des élèves et les réponses sont notées : Qu’est-ce que le Pot au noir ? Quel est le rythme de sommeil des skippers ? Que représentent les vitesses en nœuds ? Quel est la plus haute altitude de la course ? Quelle est la plus grande profondeur ? « Avec ces questions, j’espère les initier à des notions indispensables, notamment de repérage sur le globe. Ce n’est pas si facile que cela pour eux !  »

ENCORE BEAUCOUP DE SUSPENS

Les premiers skippers du Vendée Globe sont attendus aux Sables d’Olonne mi-janvier, les derniers, mi-février. D’ici là, encore beaucoup d’émotions, beaucoup d’espoirs  et surtout une belle équipée pour une course pas si solitaire que ça !

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