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Un type attachant…

Il y a cent ans exactement disparaissait Jack London. Et si j’ai cette pensée pour lui aujourd’hui, c’est parce que son roman Martin Eden ne m’a jamais quittée. Il reste très vivace dans mon souvenir bien que je l’aie lu il y a maintenant… presque trente ans.

martin-edenMartin Eden, un chef d’Œuvre

C’est un roman très fort, qui m’accompagne et j’y pense souvent.Surtout dans mon métier. A l’heure où l’ascenseur social est en panne, comment faire pour que le savoir devienne le bien de tous ?  Le savoir rend-il heureux ? Martin , par amour, étudie comme un forcené et accède au savoir pour s’extraire de sa condition ouvrière et séduire une jeune bourgeoise dont il est tombé fou amoureux. Le roman est généreux, il aborde des thèmes  sensibles, entraîne le lecteur dans une écriture rythmée, subtile.J’ai connu bien des lecteurs qui se sont profondément retrouvés dans cette histoire, une histoire tragique certes mais si exaltante !

Un portrait intelligent

France Culture rediffuse en ce moment  un portrait qu’Yves Simon avait fait de lui en 2001. Je vous recommande tous les épisodes…

Pour vous mettre en appétit, voici le début de ce portrait.

« Il est mort jeune. A 40 ans. Suicide, épuisement, on ne sait pas trop. A dose normale, la morphine qu’il absorba ce matin-là était faite pour le soigner, à forte dose, elle devenait mortelle. Erreur ou volonté, à cause de nombreux indices confortant l’une ou l’autre éventualité, personne ne put dire avec certitude ce qui s’était passé pendant cette dernière nuit. Dans Martin Eden, il écrit : « Il arrive quand j’ai très peu dormi, que la tête me tourne et que l’envie de mourir s’empare de moi comme une vison de repos, de sommeil. C’est alors que je suis hanté par les vers de Longfellow : L’océan est calme et profond, tout est endormi en son sein. Un seul pas et tout serait fini. Un plongeon, une bulle et puis plus rien ».

Un ogre de la vie, un bourlingueur

Il est mort  le 22 novembre 1916 dans son ranch californien, vieilli, fatigué, lui qui avait été une force de la nature, un ogre de la vie, un conquérant de paysages. Car Il en a ingurgité de la planète,  a suivi comme reporter en Corée, la guerre russo-japonaise en Corée, il a fait le tour du monde sur le Snark, est allé à la chasse aux phoques dans le détroit de Béring à bord du Sophia Sutherland, il a défendu les sans- papiers, les moins- que-rien, il a trimardé sur un bateau de fortune dans la baie de San Francisco… Aventurier, militant, alchimie sartrienne avant l’heure, il s’exposa à la haine lui qui aimait tant que les hommes soient réconciliés. »

Un beau portrait qui me fait dire que oui, j’aurais bien voulu rencontrer ce type si attachant.

Une réflexion sur “Un type attachant…

  1. Catherine dit :

    Je n’oublierai jamais tous ces tremblements en moi, lorsque j’ai lu “Matin Eden” de Jack London. Un choc positif ! C’était le premier livre que je lisais de cet auteur. J’avais 16 ans. J’ai relu en boucle certains passages du livre, j’en copiais sur un carnet. Ensuite j’ai dépensé tout mon argent de poche pour acheter les autres titres disponibles à la librairie Gueugnon de Lorient. Merci Christine pour cet article . Merci pour l’info des émissions qui lui sont dédiées sur France Culture.

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